• LA PRISE DU KENT PAR SURCOUF -épisode 1

    surcouf

    Oh ! d'en bas ! navire en vue !

     
     Avant de vous conter l'histoire de la prise du KENT par Surcouf, j'ai longuement hésité entre faire une synthèse de plus, avec le risque de travestir une fois de plus la réalité, ou retranscrire mot pour mot le témoignage occulaire du peintre Louis de GARNERAY. Ayant lu tout et son contraire dans de nombreuses revues et articles je suis arrivée à la conclusion que seul ce témoignage intégrale retablira la vérité.

    7 octobre 1800,

    - Oh !  d'en bas !  oh !
    - "Hola !  répondit le contremaitre du gaillard d'avant en dirigeant tout de suite son regard vers les barres du petit perroquet".
    - Navire !  crie de nouveau la vigie.
    - Ou ?
    - Sous le vent à nous, par le bossoir de babord, quasi sous le soleil !
    - Ou gouverne-t-il ?...reprit le contremaitre.
    - Au nord !
    - Est-il gros ? Regarde bien avant de répondre.
    - Trés gros !
    - Eh bien, tant mieux ! dire les hommes d'équipage. Les parts de prise seront plus fortes.

    L'officier de quart, qui, l'oeil et l'oreille au guet, écoutait attentivement ce dialogue, se disposait à faire avertir notre capitaine alors retiré dans sa cabine, lorsque Surcouf, l'ennemi juré de toute formalité et de tout décorum, apparut sur le pont. Surcouf, qui voyait, savait et entendait tout ce qui se passait à bord de la Confiance, s'élança, sa lunette en bandouillère et sans entrer dans aucune explication, sur les barres du petit perroquet. Une fois rendu à son poste d'observation et bien en selle sur les traversins, il braqua sa longue vue sur l'horizon. L'attention de l'équipage, excité par la cupidité, se partagea entre la voile en vue et Surcouf.

    - Laissez arriver ! mettez le cap dessus ! s'écrie bientot ce dernier en passant sa longue vue à M. Drieux.

    Un charivari infernal suit cet ordre; la moitié de l'équipage, qui repose en ce moment dans l'entrepont, se réveille en sursaut, s'habille à la hate sans trop tenir compte de la décence, et envahit précipitamment les panneaux pour satisafire sa curiosité; en un clin d'oeil, le pont du navire se couvre de monde: on s'interroge, on se bouscule, on se presse en montant au gréement, chacun veut voir !

    Surcouf réunit alors son état-major autour de lui et nous interroge sur nos observations. Ce conseil improvisé ne sert pas à grand chose. Chacun, officier, maitre, matelot, donne tumultueusement son avis; mais cet avis est en tout point conforme à celui de notre commandant: cest-à-dire que le navire en vue est à dunette, qu'il est long, bien élevé sur l'eau, bien espacé de mature; en un mot, que c'est un vaisseau de guerre de la Compagnie des Indes
    , qui se rend de Londres au Bengale et qui, en ce moment, court babord amure et serre le vent pour nous accoster toutes voiles possibles. A présent, ce navire doit-il nous faire monter à l'apogée de la fortune, ou nous jeter, cadavres vivants, sur un affreux ponton ?  C'est là un secret que Dieu seul connait ! N'importe, on risquera la captivité pour acquérir de l'or ! L'or est une si belle chose, quant on sait, comme nous, le dépenser follement.

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    kent et confiance

    Auteur: Louis Garneray "Compagnon de Surcouf"

     
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Février 2010 à 12:00
    Ah ! nous voilà dans le vif du sujet ! Quel plaisir ! Merci Papy
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