• kent et confiance2
    - Parbleu, mes amis
    , nous dis Surcouf après ces explications, savez-vous, qu'amour propre mis à part, nous pouvons nous vanter entre nous d'avoir assez bien employé notre journée ! Il nous a fallu escalader, sous une grêle de balles, une forteresse trois fois plus haute que notre navire, et combattre chacun trois anglais et demi ! Ma fois, je trouve que nous avons bien gagné les grogs que le mousse va nous apporter !

    - Parbleu, je ne m'étonne plus à présent, Surcouf, dit en riant M. Drieux, qui avait lui-même si fort contribué à notre triomphe, si, quand nous abattions un ennemi, il s'en présentait deux pour le remplacer ; mais ce qui me surprend, c'est que toi, qui devines ce que tu ne vois pas, tu ne te sois pas douté, avant d'aborder Le Kent, à quel formidable équipage nous allions avoir affaire.

    - Laisse donc ! Je le savais on ne peut mieux...

    - Ah bah ! Et tu n'en as rien dis ?

    - A quoi cela eut-il servi ? À décourager l'équipage...pas si bête... Seulement je savais qu'une fois la besogne commencée, mes frères de la Cote ne la laisseraient pas inachevée. L'évènement a justifié mon espérance !

    Le second du Kent nous avoua ensuite avec une franchise qui lui valut toute notre estime, que le capitaine Rivington avant le commencement de l'action, avait eu la galanterie de faire avertir ses passagères que si elles voulaient assister au spectacle d'un corsaire français coulé à fond, elles n'avaient qu'à se rendre sur la dunette du Kent. Le fait est, ajouta le second, que je ne puis me rendre encore compte, messieurs, comment il peut se faire que je me trouve en ce moment votre prisonnier, et que le pavillon du Kent soit retourné sens dessus dessous en signe de défaite. Je ne comprends pas votre succès.

    - Dame ! Cela est bien simple
    , lui répondit Surcouf. J'avais engagé ma parole auprès de mon équipage qu'avant la fin du jour votre navire serait à nous ! Cela explique tout : je n'ai jamais manqué à ma parole.

    Sur le champ de bataille que nous occupions se trouvait comme spectateur un trois-mâts more
     (maure), sur lequel nous transbordâmes nos prisonniers. Toutefois Surcouf ne leur accorda la liberté que sous parole que l'on rendrait un nombre égal au leur des prisonniers français détenus à Calcutta et a Madras, et que les premiers échangés seraient l'enseigne Bléas et les matelots de l'embarcation capturée par La Sybille.

    Ces arrangements conclus et terminés, Surcouf, mu par un sentiment de grandeur et de désintéressement partagé par son équipage, laissa emporter aux Anglais, sans vouloir les visiter, toutes les caisses qu'ils déclarèrent être leur propriété et ne point appartenir à la cargaison.

    Quant au Anglais trop brièvement blessés et dont le transbordement eut pu mettre les jours en danger, ils restèrent avec leur chirurgien à bord de La Confiance ; malheureusement, l'abordage avait été si terrible, si acharné, les blessures par conséquent étaient graves et si profondes que presque pas un d'entre eux ne survécut. Ils furent tous emportés, au bout de quelques jours, au milieu de souffrances épouvantables, par le tétanos.

    Les avaries des deux navires réparées, M. Drieux passa avec soixante hommes à bord du Kent, dont il prit le commandement, et comme cet arrimage, uni à nos pertes, avait réduit nos forces de façon à nous rendre, sinon impossible, du moins dangereuse toute nouvelle rencontre, nous nous dirigeâmes, naviguant bord à bord, vers l'ile de France (ancien nom de l'ile Maurice)
     ; nous eûmes le bonheur de l'atteindre sans accident.

    Jamais je n'oublierais l'enthousiasme et les transports que causèrent notre apparition et celle de notre magnifique prise parmi les habitants du Port-Maurice.

    Notre débarquement fut un long triomphe. C'était à qui aurait l'honneur de nous serrer la main. Obtenir un mot de nous était considéré comme une grande faveur ; et quand nous consentions à accepter un diner en ville, on ne trouvait rien d'assez bon pour nous être offert.

    - Eh bien Garneray, me dit un jour Surcouf, que je rencontrai dans une réunion, t'avais-je trompé, mon garçon, en te promettant que si tu voulais associer ta fortune à la mienne tu n'aurais pas lieu de t'en repentir ! En comparant ta position actuelle à celle que tu avais lorsque Monteaudevert (Un corsaire français peu apprécié par Surcouf)
     t'a présenté à moi, n'es-tu pas millionnaire ? Crois moi, ne me quitte pas.

    - Je ne demande pas mieux, capitaine, que de m'embarquer de nouveau avec vous.

    - Oui ; eh bien ! Je dois mettre sous peu voile pour Bordeaux, ou MM. Tabbois-Dubois, les consignataires de mon armateur, veulent envoyer La Confiance, armé en aventurier, porter une riche cargaison : ainsi tiens-toi prête, qu'as-tu donc ? Cette nouvelle semble te contrarier ?

    - Ma foi à vous dire vrai, capitaine, je sens qu'à présent que j'ai gouté l'Inde, il me serait difficile de m'acclimater de nouveau en France !...Je vous accompagnerai, parce que je ne veux pas vous quitter ; mais si ce n'était pour vous...

    - Tu es un imbécile, mon cher Garneray, dit Surcouf en m'interrompant, non pas de préférer l'Inde à la France, au contraire, je t'approuve fort à cet égard ; mais bien de ce que, préférant l'Inde à la France, tu abandonnes le premier de ces deux pays pour retourner dans le second ! Et cela pourquoi ? Parce que c'est moi qui commande le navire.  Sérieusement parlant, je te remercie du sentiment d'affection que tu me portes et que, tu sais que je n'aime pas les phrases, je te rends bien, mon garçon !.. Vois-tu la vie est courte, et il faut savoir en jouir, c'est là la mission de l'homme intelligent...Tu aimes l'Inde, reste-y. Tu as de l'argent, j'en ai encore bien plus, si tu en avais besoin, à ta disposition ; intéresse-toi dans quelque affaire maritime, fixe-toi, pour le moment, dans ces parages.

    - Mais vous, capitaine, pourquoi retournez-vous en France ?

    - Oh ! Moi, garçon, c'est autre chose. Tout viveur et rond que tu me vois, j'ai un sentiment dans le cœur qui m'obsède et me harcèle sans cesse...Je vais en France pour me marier !

    En effet, le 29 janvier 1801, Surcouf, commandant La Confiance, mettait à la voile pour Bordeaux.

    Comme ces mémoires, renfermant seulement les faits dont j'ai été témoin, laissent en route, sans plus s'en occuper, des personnages auxquels le lecteur pourrait s'intéresser, mais que le hasard n'a plus placés sur mon chemin, j'ajouterai que Surcouf, après une traversée accidenté au possible, et que je regrette vivement de ne pas avoir faite, ce qui me donnerait le droit de la raconter à présent, trouva en arrivant les passes de la Gironde bloquées et parvint à débarquer la riche cargaison de La Confiance à La Rochelle, ou il mouilla le 13 avril suivant.

    Quant à son mariage avec celle qu'il aimait, mademoiselle Marie-Catherine Blaize, il eut lieu à Saint-Malo le 8 prairial an IX de la République, ou, si l'on aime mieux le 28 mai 1801. On voit que Surcouf menait aussi rondement les affaires de sentiment que celles de sa profession. Le corsaire avait alors vingt-sept ans.

    Ainsi ce termine l'affaire de la prise du KENT par Surcouf, racontait dans ses mémoires par le peintre de marine louis Garneray qui était à  l'époque des faits enseigne sur La Confiance.

    De nombreux ouvrages raconte cet épisode de la vie de Surcouf mais, à mes yeux,  aucun ne valent le témoignage de GARNERAY.

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    Ci-dessous: La première page du journal de bord de la confiance; Portrait de Surcouf et une maquette de La Confiance.
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    Un immense hourra répond à ces paroles, et Surcouf est obéi : le carnage cesse aussitôt. Seulement nos matelots excités par le combat se souviennent de la promesse qui leur a été faite avant l'abordage : ils ont droit à deux heures de la part du diable ! Ils s'élancent donc dans l'entrepont, et se mettent à enfoncer et à piller les coffres et les colis qui leur tombent sous la main.

    Surcouf, qui entend les plaintes que poussent les malheureux Anglais en se voyant dépouillés de leurs effets, devine ce qui va se passer, et un nuage assombrit son front. Il est au moment de s'élancer, mais il retient.

    - La parole de Surcouf doit être toujours une chose sacrée mes amis ! nous dit-il en étouffant un soupir.

    Quelques minutes s'écoulent et le bruit continue ; seulement cette fois des cris de femmes se mêlent aux clameurs des pillards.
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    - Ah ! Mon Dieu ! J’avais oublié la plus belle partie de notre conquête, nous dit Surcouf. Allons à leur aide mes amis...


    Nous suivons aussitôt notre capitaine, et nous arrivons devant les cabines occupées par les Anglaises : ces dames, effrayées du tumulte qui s'est rapproché d'elles, demandent grâce et merci...

    Surcouf les rassure, leur présente ses respectueux hommages avec tout le savoir-vivre d'un marquis de l'ancien régime, s'excuse auprès d'elles du débraillé de sa toilette, s'inquiète de leurs besoins, et ne les quitte qu'en les voyant redevenues calmes et tranquilles. Toutefois, quoique pas un homme de notre équipage n'ait certes songé à abuser de la position de ces passagères, Surcouf place, par surcroit de précaution, des sentinelles aux portes des cabines qu'elles occupent, en leur donnant pour consigne de tirer sur le premier qui voudrait pénétrer chez les Anglaises.

    livre14.jpgParmi ces dames qui, une fois rendues à la liberté et à leurs familles, s'empressèrent de reconnaitre avec autant de bonne foi que de reconnaissance les respectueux empressements dont elles avaient fait l'objet, se trouvait une princesse allemande, la fille du magrave d'Anspach, qui suivait dans l'Inde son mari, le général Saint-John.


    Du reste, je ne dois pas oublier d'ajouter que pas un homme de notre équipage ne songea un instant à s'emparer des objets, et il y en avait de fort riches et de grande valeur, qui se trouvaient dans les cabines des passagères. Quant aux deux heures de la part du diable, Surcouf par ses simples exhortations, car il avait donné sa parole, je l'ai dit, et ne pouvait revenir sur cette promesse, trouva moyen de les réduire considérablement, presque de les annuler.

    Pendant que le chirurgien-major de La Confiance, M. Lenouel de Saint-Malo s'occupe à soigner les blessés, et que l'on s'empresse de dégager les grappins et l'ancre qui enchainent encore notre navire au bâtiment anglais, Surcouf fait venir devant lui le second du Kent pour lui demander des explications, et voici ce que nous apprenons:

    En juillet 1800, les deux vaisseaux de la compagnie anglaise des Indes The Kent et The Queen, tous deux de 1500 tonneaux et montant chacun 38 canons, transportaient plusieurs compagnies d'infanterie et différents officiers et passagers à Calcutta, lorsque, se trouvant dans la baie de San-Salvador, au Brésil, le feu se déclara à bord du Queen, qu'il consuma entièrement. Son compagnon de route, The Kent, recueillit alors à son bord deux cent cinquante marins et soldats du vaisseau incendié, ce qui porta son équipage à 437 combattants, sans compter le général Saint-John et son état-major.

    A SUIVRE, 

    ANNECDOTE : Le général Saint-John deviendra un grand ami de SURCOUF et sera meme invité aux funérailles de celui-ci en compagnie de Louis Garneray. ( mais ceci est une autre histoire...)

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  • équipage-1Des deux bords du gaillard d'avant du Kent, nos hommes, à qui Surcouf vient de faire parvenir secrètement ses ordres, chargent à mitraille deux canons jusqu'à la gueule et les braquent sur l'arrière, en ayant soin de dissimuler le plus qu'ils peuvent cette opération, qui, si elle réussit, nous sera d'un si grand secours.

    Pendant ce temps, les soldats anglais, juchés sur leur drome et derrière le fronton de leur dunette, abattent quelques uns de nos plus intépides combattants.

    Nous devons alors envahir la drome et l'emporter d'assaut ; quelques minutes nous suffisent pour cela, et bientot nos chasseurs bourboniens, qui ont remplacé les Anglais dans ce poste élevé, nous débarrassent d'autant d'officiers qu'ils en aperçoivent et qu'ils en visent.

    - Ouvrez les rangs sur les passavants, crie bientot Surcouf d'une voix vibrante.

    Sa parole rententit encore quand les deux pièces de canon dont nous avons déjà parlé, et que nos marins sont parvenus à charger en cachette de l'ennemi et à rouler sur l'arrière, se démasquent rapidement et vomissent leur mitraille, jonchant à la fois de cadavres et de débris humains les passavants, les deux bords du gaillard d'arrière et ceux de la dunette.

    Ce désastre affreux ne fait pas perdre courage aux Anglais, et, prodige qui commence à nous déconcerter, et que je crois pouvoir pourtant expliquer, les vides de leurs rangs se remplissent comme par enchantement.

    Depuis que nous avons abordé, nous avons tous mis, terme moyen, un homme hors de combat : nous devrions donc etre, certes, maitre du Kent. Eh bien ! nous ne sommes cependant pas plus avancés qu'au premier moment, et l'équipage que nous avons devant nous reste toujours auusi nombreux.

    A chaque sillon que notre fureur trace dans les rangs ennemis, de nouveaux combattants roulent, semblables à une avalanche, du haut de la dunette du Kent et viennent remplacer leurs amis gisant inanimés sur le gaillard d'arrière ; c'est à perdre la raison d'étonnement et de fureur.

    Le combat continue toujours avec le meme acharnement ; partout l'on entend des cris de fureur, des rales de mourants ; les coups sourds de la hache, le cliquetis morne du baton, mais presque plus de détonation d'armes à feu. Nous sommes trop animés des deux cotés les uns contre les autres, pour songer à charger nos mousquets ; cela demanderait trop de temps ! Il n'y a plus guère que nos chasseurs bourboniens qui continuent à choisir froidement leurs victimes et continuent le feu.

    Tout à coup un déluge de grenades, lancées de notre grande vergue avec une merveilleuse adresse et un rare bonheur, tombe au beau milieu de la foule ennemie et renverse une vingtaine d'Anglais. C'est le gabier Avriot qui tient la parole qu'il a donné à Surcouf de venger les deux lanceurs tués sur la vergue de misaine.

    Ce nouveau désastre ne refroidit en rien, je dois l'avouer, l'ardeur de nos adversaires. Le capitaine Rivington, monté sur son banc de quart, les anime, les soutient, les dirige avec une grande habileté. Je commence, quant à moi, à douter que nous puissions jamais sortir, sinon à notre bonheur, du moins à notre avantage, de cet abordage si terrible, et ou nos forces sont si inférieures, lorsqu'un heureux événement survient qui me redonne un peu d'espoir.

    Le capitaine Rivington, atteint par un éclat de grenade qu'Avriot vient de lancer, est renversé de son banc de quart : on relève l'infortuné, on le soutient, mais il n'a plus que la force de jeter un dernier regard de douleur et d'amour sur ce pavillon anglais qu'il ne verra pas au moins tomber ; puis, sans prononcer une parole, il rend le dernier soupir.

    Surcouf, à qui ne rien n'échappe, est le premier à s'apercevoir de cet évènement ; c'est une occasion à saisir, et le rusé et intrépide Breton ne la laissera pas s'échapper.

    - Mes amis, s'écrie-t-il en bondissant, sa hache à la main, du sommet de la drome sur le pont, le capitaine anglais est tué, le navire est à nous ! A coups de hache ! maintenant, rien que des haches aux premiers rangs... En serre-file les officiers avec vos piques...Emportons le gaillard d'arrière et la dunette...c'est là qu'est la victoire.
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    Le Breton, joignant l'exemple à la parole, se jette tete baissée sur l'ennemei ; sa hache lance des éclairs et un vide se forme autour du rayon que forme son bras ; en le voyant je crois aux héros d'Homère et je comprends les exploits de Duguesclin ! le combat cesse d'etre un combat, et devient une boucherie grandiose ; nos hommes escaladent, en la grossissant des corps de quelques'uns, la barricade formée de cadavres qui sépare du gaillard d'arrière et de la dunette . La lutte a perdu son caractère humain, on se déchire, on se mord, on s'étrangle !

    Je devrais peut-etre à présent décrire quelques-uns des épisodes dont je fus alors le témoin, mais je sens que la force me manque. Les nombreuses années qui se sont écoulées depuis l'abordage du Kent, en retirant à mon sang sa fougue et sa chaleur, me montrent aujourd'hui sous un tout autre aspect que je leur trouvais alors, les évènements de mon passé.

    Je demanderais donc la permission de passer sous silence, souvenirs douloureux pour moi, les combattants qui, aux prises sur les pavois du Kent, tombent enlacés à la mer et se poignardent d'une main, tandis qu'ils nagent de l'autre ; ceux encore qui, lancés hors bord par le roulis, son broyés entre les deux navires. Je revient à Surcouf.

    Le tenace et intrépide Breton à réussit ; il s'est enfin emparé du gaillard d'arrière et de la dunette. Les Angalis épouvantés de son audace ont fini par lacher pied et se précipitent dans les écoutilles, hors du bords, dans les panneaux, sous les porte-haubans et surtout dans la dunette.

    La lutte semble terminée. Surcouf fait fermer les panneaux sur nos ennemis, lorsque le second du Kent, apprenant la mort de Rivington, abandonne la battrie, ou il se trouve, et s'élance sur pont pour prendre le commandement du navire et continuer le combat.

    Heureusement sa tentative insensée et inopportune ne peut réussir ; il trouve le pont en notre pouvoir, et il obligé de battre tout de suite en retraite ; mais il n'en est pas mpoins vrai que cette sortie a couté de nouvelles victimes !

    Cette fois, le doute ne nous est plus possible, nous sommes vainqueurs !  Pas encore. Le second du Kent, exaspéré de l'échec qu'il vient de subir, et ayant sous la main toutes les munitions en abondance, fait pointer dans la battrie, en contrebas, des canons de 18, pour défoncer le tillac du gaillard et nous ensevelir sous ses décombres.
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    Surcouf, est-ce grace au hasard ? est-ce grace à son génie ? devine cette intention. Aussitot, se mettant à la tete de ses hommes d'élite, il se précipite dans la batterie : je le suis.

    Le carnage qui a eu lieu sous le pont du vaisseau ne dure pas longtemps, mais il est horrible : cependant, dès que notre capitaine est bien assuré que cette fois la victoire ne peut plus lui échapper, il laisse pendre sa hache inerte à son poigné, et ne songe plus qu'à sauver les victimes. Il aperçoit entre autres Anglais poursuivis, un jeune midshipman, qui se défend avec plus de courage que de bonheur, car son sang coule déjà par plusieurs blessures, contre un de nos corsaires.

    Surcouf se précipite vers le jeune homme pour le couvrir de sa protection ; mais le malheureux, ne comprenant pas la généreuse intention du Breton, lui saute à la gorge, et essaie inutilement de le frapper de son poignard, lorsque le nègre Bambou, croyant que la vie de son chef est en danger, cloue d'un coup de lance l'infortuné midshipman dans les bras de Surcouf, qui reçoit son dernier soupir. L'expédition de la batterie terminée, nous remontons, Surcouf en tete, sur le pont ; le combat a cessé partout.

    - Plus de morts, plus de sang, mes amis ! s'écrie-t-il. Le Kent est à nous ! Vive la France ! vive la nation !

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     Louis Garneray, auteur du livre "compagnon de Surcouf" et du tableau ci-dessous " la prise du Kent"

     

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  • SURCOUF LIVRE- A l'abordage ! répète l'équipage avec un ensemble de bon augure et  en s'élançant avec un merveilleux élan, sur le vaisseau ennemi.

     - Quant à vous, non combattants,- continue Surcouf, chez qui la prudence et le sang-froid ne s'endorment jamais, ne bougez pas de vos places, et massacrez sans pitié toux ceux qui descendront sur le pont, qu'ils soient Anglais ou Français...peu importe...tuez-les toujours !...

    Surcouf vient à peine de donner cet ordre, qui rappelle assez Hernan Cortez brulant ses vaisseaux, quant une quatrième volée partant du Kent nous assourdit et nous couvre de flamme et de fumée ; La Confiance frémit, à cette secousse, depuis sa carène jusqu'aux sommet de ses mats ; heureusement elle est si ras sur l'eau, qu'à peine est-elle atteinte.

    - A toi maintenant, Drieux ! s'écrie bientot Surcouf en s'dressant à son second, qui commande la première escouade d'abordage.

    En ce moment, les flancs des deux navires, poussés l'un contre l'autre par la puissante dérive du Kent, se froissent, en grinçant à la lame, avec une telle violence, qu'ils menacent de s'ouvrir ou de se séparer. Notre bonne chance ne nous abandonne pas ! au meme moment une des lourdes ancres du vaisseau Anglais, qui pend sur sa joue de tribord, s'accroche dans le sabord de chasse de La Confiance, et rompt une partie de ses pavois, qui craquent et déchirent en lambeaux !

    - C'est un fameux crampons auxilliaire ! s'écrie Surcouf en se jetant dans les enfléchures pour donner l'éxemple.

    Seulement notre équipage trompé par le bruit effroyable, dans la position ou nous nous trouvons, produit par ce déchirement, se persuade que le navire s'ouvre et va couler à fond. Ne voyant plus dès lors un moyen de salut que dans la prise du Kent, son ardeur s'accroit jusqu'au délire.

    Drieux, officier aussi intépide que capable, conduit son escouade d'abordage avec autant de valeur que de présence d'esprit. Il franchit bientot l'intervalle qui sépare les deux navires, et, atteignant le gaillard d'avant, tombe impétueusement sur l'ennemi, qui, au reste, je dois l'avouer, fait bonne contenance.

    Les officiers Anglais, trahis par leurs brillants uniformes, commencent alors à tomber sous les balles infaillibles de nos chasseurs de Bourbon.

    Un officier ennemi, au milieu de cette boucherie, de ce pêle-mêle général, braque une pièce de l'avant dans la batterie, de façon à pouvoir prendre La Confiance en écharppe, et y met le feu. Quelques matelots qui passaient sur les bras et la verge de l'ancre sont mutilés ou broyés, qu'importe : on les vengera.

    Pour etre juste et impartial, ce qui sera toujours mon plus vif désir, et pour rendre a chacun sa part de gloire ou de faiblesse qui peut lui revenir, je dois reconnaitre que Drieux n'est pas le premier homme de notre bord dont le pied foule le pont du Kent. Celui à qui était réservé le bonheur de se trouver avant tous en présence de l'ennemi est un simple nègre nommé Bambou.

    Bambou avit parié ses parts de prise, avec ses camarades, qu'il serait le premier à bord du Kent, et il avait gagné sa gageure. Armé simplement d'une hache et d'un pistolet, il s'est affalé du haut de la grande vergue au beau milieu des Anglais, qui stupéfait de son audace, le laissent se frayer un sanglant passage à travers leur foule, et rejoindre, sur l'avant, l'escouade de Drieux, qu'il va seconder de ses efforts.

    Pendant que Drieux combat, Surcouf avec cette lucidité d'esprit qui embrasse jusqu'aux moindres détails d'un ensemble, surveille et dirige la bataille.

    - Allons donc, Avriot, allons donc, Guide, s'écrie-t-il, des grenades donc ! des grenades ! toujours des grenades !

    - A l'instant, capitaine, répond le gabier Guide placé dans la hune de misaine, c'est que les deux lanceurs du bout de la vergue viennent d'etre tués.

    - Eh bien ! batise les Anglais avec leur cadavres, et venge-les
    , reprend Surcouf.

    - Tout de suite, capitaine, dit le gabier Avriot.

    Quelques secondes plus trad, la chute imprévue des deux cadavres, qui tombent lourdement au milieu de la masse des ennemis, opère une éclaircie momentannée dans leurs rangs.

    - En avant, mes amis s'écrie Drieux d'une voix de stentor, profitons de cette reculade.

    La vergue de misaine de La Confiance, toujours posée près du plat-bord ennemi, et l'ancre du vaisseau, qui n'a pas quitté notre sabord de chasse, sont continuellement couvertes par nos matelots qui passent sur le Kent. Les Anglais ont beau foudroyer ce dangereux passage, quelques-uns de nos hommes tombent, mais pas un seul ne recule.

    Bientot, grace à l'adresse de nos chasseurs Bourboniens, au talent de nos batonistes, à l'enthousiasme de tout le monde, nous sommes maitres du gaillard d'avant du Kent ; mais ce point important que nous occupons ne représente que le tiers du champ de bataille : en attendant, la foule des Anglais entassés sur les passevants n'en devient que plus compacte et que plis impénatrable.

    capt corsaireEnfin le capitaine du Kent, nommé Rivington, homme de coeur et de résolution comprend qu'il est temps de combattre sérieusement les malheureux aventuriers qu'il a si fort dédaigné d'abord. IL se met donc à la tête de son équipage, qu'il dirige avec beaucoup d'habilité.

    Malheureusement pour lui, Surcouf est maintenant à son bord ; Surcouf que la mort seule peut en faire sortir. L'intrépide breton, planant, du haut du pavois du Kent, sur la scène de carnage, agit et parle en même temps : son bras frappe et sa bouche commande. Toutefois, il n'est pas, il me l'avoua plus tard, sans inquiètude : si la lutte se prolonge plus longtemps, nous finirons par perdre nos avantges : or, une barricade composée de cadavres ennemis et de ceux de nos camarades s'élève sur les passavants et nous sépare des Anglais ; cette redoute humaine arrête notre élan.
    ( a suivre... )

    Auteur: Louis Garneray "Compagon de Surcouf"

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    - A plat ventre tout le monde, jusqu'à nouvel ordre !
    reprend-il après un léger silence qu'il emploie à dompter sa fureur.

    Pendant le cours de nos préparatifs et de notre conversation, le vaisseau ennemi avait viré de bord vent devant pour rallier La confiance et pouvoir ensuite la foudroyer tout à son aise ; de notre coté, nous avions exécuté la meme évolution, afin de gagner sa hanche, tomber après sous le vent à lui lancer nos grappins à son bord.

    Nos armures étaient à babord, les siennes à tribord, aussi, dans le moment ou nous le croisions pour la deuxième fois, dans le but d'atteindre cette position, il nous envoie toute sa bordée de tribord à demi-portée : un heureux hasard nous protégeait, sans doute le chance de Surcouf, car cette trombe de feu ne nous toucha meme pas.

    Alors La Confiance laisse arriver un peu pour passer sous le vent du vaisseau ; mais l'ennemi, qui comprend que cette manoeuvre n'a pas pour but que de nous faciliter l'abordage, vire encore une fois, et nous oblige, par son changement d'amures, à venir du lof sur l'autre bord, afin de le maintenir toujours sous notre écoute.

    Cependant Dieu sait que le vaisseau ne craint pas l'abordage ; il croit en toute sincérité, et sans que cette croyance soit altérée par le moindre doute, qu'il aurait à l'arme blanche facilement raison de nous. Toutefois, il préfère à un combat, qui bien que l'issue n'en soit meme pas pour lui douteuse, peut, et doit cependant lui faire éprouver quelques pertes, il préfère, dis-je, nous foudroyer et nous couler à distance, sans exposer lui-meme à aucun danger.


    Pour manoeuvrer plus commodément, il cargue meme sa grand voile. Cette manoeuvre n'est pas encore terminée, que Surcouf, avec cette perception rapide et inouie qui le distingue à un degré si éminent, et lui a déjà valu tant de prodigieux succès, pousse un cri joyeux qui attire l'attention de tout l'équipage. C'est le rugissement triomphant du lion qui s'abat victorieux sur sa proie.

    - Il est nous, mes amis ! dit-il d'une voix éclatante.

    La plupart de nos marins ne comprennent certes pas la cause de cette exclamation ; mais comme Surcouf, à leurs yeux ne peut se tromper, ils n'en accueillent pas moins cette bienheureuse nouvelle avec des cris de joie.

    Il ne nous reste plus maintenant , pour forcer l'ennemi à accepter l'abordage, qu'à nous placer sous le vent et par sa hanche de tribord. Cette position, rien ne peut nous empecher de la prendre ; seulement il nous faut la payer par une troisième volée tirée à petite portée de mousquet ; n'importe nous ne pouvons laisser échapper, sans en profiter, la faute énorme et irréparable que l'ennemi a commise en se privant de grande voile ; nous subirons cette dernière volée.

    Effectivement comme nous nous y attendions, le volcan de sa batterie fait irruption et éclate. L'orage de fer inonde notre pont et nous enlève notre petit mat de perroquet : raison de plus pour persévérer ! Il est evident que l'ennemi va etre forcé
    de venir se mettre à portée de nos grappins ; courage !

    - Qu'il s'y prenne maintenant comme il voudra, nous n'en serons pas moins bientot à son bord ! s'écrie Surcouf.

    - Arrondissez sa poupe à tribord, timoniers ! continue notre capitaine.

    - Largue les boulines et bras du vent partout !

    La Confiance, prenant vent sous sa vergue, s'élance alors sur son ennemi avec la rapidité provocante d'un oiseau de proie.

    Alors Le Kent, nous apercevons enfin le nom du vaisseau ennemi écrit en lettres d'or sur son arcasse, Le Kent, voulant nous lacher sa quatrième bordée par babord, envoie vent devant, manque à virer comme nous l'avions prévu, et décrit une longue abatée sous le vent.

    - Merci portefaix de mon coeur, s'écrie Surcouf en apostrophant ironiquement Le Kent, tu viens présenter ton flanc de toi-meme ! Vraiment, on n'est pas plus aimable et pas plus complaisant ! Canonniers ! halez dedans les canons de babords, ils généraient l'abordage. Masque partout ! Lof, lof la barre de dessous, timoniers !

    La Confiance, alors ombragée par les voiles du Kent, rase sa poupe majestueuse, se place contre sa muraille de tribord, et se cramponne après lui avec ses griffes de fer.

    Ici, il se passe un fait singulier, et qui montre, mieux que ne pourrait le faire un long discours, combien l'audace de Surcouf dépassait de toute la hauteur du génie les calculs ordinaires de la médiocrité.

    Son agression a été tellement hardie que les Anglais ne l'ont meme pas comprise : en effet, nous croyant hors de combat, par suite de la dernière bordée, et ne pouvant soupçonner que nous songeons sérieusement à l'abordage, ils se portent en masse et précipitamment sur le couronnement de leur navire, pour choisir leurs places et pouvoir jouir tout à leur aise de notre défaite et de nos malheurs.

    Que l'on juge donc quelle dut etre la stupéfaction de l'équipage du Kent quand, au lieu d'apercevoir des ennemis écrasés, abattus tendant leurs mains suppliantes et invoquant humblement des secours qu'on se propose de leur refuser, il voit des marins pleins d'enthousiasme qui, les lèvres crispées par la colère, les yeux injectés de sang s'appretent, semblables à des tigres, à se jeter sur eux...

    Ce spectacle est pour eux une chose tellement inattendue, que pendant quelques secondes les Anglais ne peuvent en croire leurs yeux. Bientot cependant l'instinct de conservation les rappelle à la réalité et ils abandonnent le couronnement du Kent, avec plus de précipitaion encore qu'ils n'en ont mis à l'envahir, pour mieux courir aux armes.

    Les deux navires bord à bord et accrochés par les grappins, nos vergues amenées presque sur le bastingage du Kent, présentent à nos combattants un pont qui les conduit sur son gaillard d'avant.

    - A l'abordage ! s'écrie Surcouf d'une voix qui ressemble à un rugissement et n'a plus rien d'humain.

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    Auteur: Louis Garneray  "compagnon de Surcouf"
    abordage

     

     

     

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  • 123.jpgOn se précipite aussitot sur les armes : chacun se munit d'une hache et d'un sabre, de pistolets et d'un poignard ; puis, une fois que les combattants ont garni leurs ceintures, ils saisissent, les uns une des espingoles chargées avec six balles, les autres des lances longues de quinze pieds : quelques matelots, passés maitres dans cet exercice, serrent énergiquement dans leurs mains calleuses un solide baton.

    Surcouf, toujours plein de prévoyance, fait distribuer aux non-combattants, qu'il range au milieu du pont, de grandes piques ; et il leur donne la consigne de frapper indistinctement sur nos hommes et sur ceux de l'ennemi, si les premiers reculent et si les seconds avancent.

    Les hunes reçoivent leur contingent de monde ; des grenades y sont plaçées en abondance, et notre commandant confie la direction de ces projectiles meurtriers aux gabiers Guide et Avriot, dont il connait l'intrépidité, l'adresse et le sang-froid. Enfin des chasseurs de Bourbon expérimentés et surs d'eux-memes, s'embusquent sur la drome et dans la chaloupe pour pouvoir tirer de là, comme s'ils étaient dans une redoute, les officiers anglais.

    Dès lors, nous sommes en mesure d'attaquer convenablement : nous faisons bonne route.

    - Savez-vous bien capitaine, dit un jeune enseigne du bord, nommé Fontenay, que tous ces cotillons juchés sur la dunette du navire ennemi ont l'air de se moquer de nous ! Regardez ! elles nous adressent des saluts ironiques, et nous font de peits signes avec la main qui peuvent se traduire par : "Bon voyage, messieurs,on va vous couler ! Tachez de vous amuser au fond de la mer ! " Oh ! que nous allons nous divertir !

    - Fanfaronnade que tout cela ! reprend Surcouf. Ne vous mettez point ainsi en colère, mon cher Fontenay, contre ces charmantes ladies...d'autant plus qu'avant une heure d'ici nous les verrons humbles et soumises, courber la tete devant notre regrad !...Alors, ma foi, il ne tiendra plus qu'à nous de leur jeter le mouchoir ; mais nous seront plus généreux et plus polis envers elles qu'elles ne le sont en ce moment pour nous !...Nous respecterons leur malheur et leur faiblesse, et nous leur montrerons ce qu'il y a de générosité et de délicatesse dans le coeur des corsaires français !...Ce que je vous dis là a l'air de vous contrarier, Fontenay !...Oui, je sais que vous etes friand d'aventures...Tant pis pour vous ; je veux et j'entends que ces femmes soient traitées avec les plus grands égards...

    - Voilà aussi des messieurs habillés de rouge, semblables à des écrevisses bouillies, dit à son tour l'enseigne Viellard, qui haussent les épaules et nous tournent le dos !...

    - Tant mieux donc, cela est de bon augure ! répond le Breton, qui semble s'amuser des insultes que nous prodiguent nos ennemis, mais qui, on le voit à l'éclair de son regard et à la mastification nerveuse de son cigare, est en proie intérieurement à une profonde colère.

    En effet, Surcouf pour tromper son impatience, passe son poignet dans l'estrope du manche de sa hache, frotte la pierre de son fusil avec son oncle, jette son gilet à la mer, et, déchirant avec ses dents les manches de sa chemise jusqu'à l'épaule, met son bras puissant et dénué d'entraves à l'air.

     

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    Auteur: Louis Garneray "Compagon de Surcouf"

    TIGRE-SEPT-MERS.jpg

     

     

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  • STATUE-SURCOUF-1.jpgAlors Surcouf appelle l'équipage autour de lui, et, je me souviens de ce discours comme si je l'avais entendu prononcer hier, il lui parle ainsi:

    - Mes bons, mes braves amis ! vous voyez sous notre grappin, par notre travers, et voguant à contre-bord de nous, le plus beau vaisseau que Dieu ait jamais, dans sa sollicitude, mis à la disposition d'un corsaire français !... Ne pas nous en emparer, et cela vivement, tout de suite, serait méconnaitre la bonté et les intentions de la Providence et nous exposer, par la suite, à toutes ses rigueurs. Sachez-le bien, ce portefaix qui nous débine à cette heure contient un chargement d'Europe qui vaut plusieurs millions ! Il est plus fort que nous, direz-vous, j'en convient ; je vais meme plus loin, j'avoue qu'il y aura du poil à haler pour l'amariner. Oui, mais quelle joie quand, après un peu de travail, nous nous partagerons des millions ! Quel retour pour vous à l'Ile de France ! Les femmes vous accablerons de tellement d'oeillades, d'amour et d'admiration, que vous ne saurez plus à qui répondre...Et quelles bombances ! ça donne le frisson, rien que d'y penser !

    A cette perspective d'un bonheur futur si habilement évoqué, un long murmure s'éleva dans l'équipage. Surcouf reprit :

    - Prétendre, mes gars, que nous pouvons lutter avec ce lourdeau-là à coups de canon, c'est ce que je ferais pas, car je ne veux pas vous tromper ! Non ! ...nos pièces de six seraient tout à fait insuffisantes contre ses gros crache-mitraille !...
    Pas de canonnade donc, car il abuserait de cette bonté de notre part pour nous couler ! Voilà la chose en deux mots : Nous sommes cent trente hommes ici, comme eux sont aussi à peu près cent trente hommes là-bas...Bon ! Or, chacun de vous vaut un peu mieux, je pense, qu'un Anglais ! Vous riez, farceurs... Très bien !...Une fois donc à l'abordage, chacun de vous expédie son English...Rien de plus facile, n'est-ce pas, D'ou il s'ensuivra qu'au bout de cinq minutes il n'y aura plus que nous à bord. Est-ec entendu ?

    - Oui, capitaine, s'écrièrent les matelots avec enthousiasme, ça y est ! à l'abordage !...

    - Silence donc ! reprit le Breton en apaisant à grands coups de tout ce qui trouva sous sa main ce tumulte de bon augure. Laissez-moi vous expliquer mes intentions. Une fois que l'on comprend une chose, cette chose va toute seule. Or donc, nous allons rattraper le portefaix en faignant de vouloir le canonner par sa hanche du vent : alors je laisse arriver tout d'un coup, je range la poupe à l'honneur ; puis, revenant tout de suite du lof, je l'aborde par-dessous le vent... pour avoir moins haut à monter ! Quant à ses canons, c'est pas la peine de nous préoccuper de cette misère...Nous sommes trop ras sur l'eau pour les craindre...les boulets passeront par dessus nous !...A présent, sachez que d'après mes calculs, et je vous gardais cette nouvelle pour la bonne bouche, nos basses vergues descedrons à point pour établir deux points de communication entre nous et lui...Ce sera commode au possible ! une vraie promenade; c'est compris et entendu ?

    - Oui s'écria l'équipage.

    - Très bien. Vous etes de bons garçons ! Par-dessus le marché, je vous donne la part du diable pendant deux heures pour tout ce ne sera pas de la gargaison.

    A cette promesse magnifique, l'équipage ne pouvant plus modérer sa joie unie à la reconnaissance qui l'oppressait poussa une clameur immense et frénétique qui dut retentir jusqu'ai bout de l'horizon.

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    Auteur: Louis Garneray "Compagon de Surcouf"

    livre-de-bord.jpg

     

     

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  • GARNERAY1
    - "Mes amis", nous dit Surcouf, dont le regard étincelle d'audace, "ce navire appartient à la Compagnie des Indes, et c'est le ciel qui l'envoie pour que nous puissions prendre sur une revanche de la chasse que nous a donné hier LA SYBILLE ! (1) Ce vaisseau, c'est moi qui vous le dis, et je ne vous ai jamais trompés, ne peut nous échapper !...Bientot il sera à nous: croyez-en ma parole ! Cependant comme la certitude du succès ne doit pas nous faire méconnaitre la prudence, nous allons commencer d'abord  par tacher de savoir si tous ses canons sont vrais ou faux".

    Le brave rusé Breton fait alors diminuer de voiles pour se placer au vent, par son travers, à porté de 18. A peine cette manoeuvre est-elle opérée, qu'un insolent et brutal boulet part du bord de l'ennemi pour assurer ses couleurs anglaises. A cette sommation d'avoir à montrer notre nationalité, un silence profond s'établit sur LA CONFIANCE.

    -" Imbécile" s'écrie Surcouf en haussant les épaules d'un air de pitié et de mépris.

    Apostrophant alors l'ennemi comme s'il eut été un adversaire en chair et en os, notre capitaine se met à débiter, avec entrain et une verve qui fasait bouillir d'enthousiasme le sang de l'équipage dans ses veines, un discours, en argot maritime, qui est resté comme le chef d'oeuvre du genre.

    Surcouf parlait encore, lorsque l'Anglais, irrité de notre lenteur à obéir à ses ordres, nous envoya toute sa bordée.

    - "A la bonne heure donc !" s'écrie notre sublime Breton radieux ;" voila qui s'appelle parler franchement. A présent, mes amis, assez caussé. Soyons tout à notreffaire."

    Alors aprés trois solennels coups de sifflet de rigueur, le maitre d'équipage Gilbert commande:

    - "Chacun à son poste de combat !"

    Et le silence s'établit partout.

    La bordée de l'Anglais nous avait, est-ce la peine de le dire, parfaitement prouvé que les trente-huit canons qui allongeaient leurs gueules menaçantes par ses sabords étaient on ne peut plus véritables et ne cachaient aucune supercherie.

    Une chose qui nous surprit au dernier point et nous intrigua vivement fut d'apercevoir sur le pont du vaisseau ennemi un gracieux état-major de charmantes femmes vétues avec beaucoup d'élégance et nous regardant, tranquillement abritées sous leurs ombrelles, comme si nous n'étions pour elles qu'un simple objet de curiosité !

    Ce vaisseau, malgré les couleurs qui flottaient à son mat, appartenait-il donc à la riche compagnie danoise ? Car le Danemark étant alors en paix avec le monde entier, et protégé par l'Angleterre, à qui il rendait en sous-main tous les services imaginables, ses navires parcouraient librement toutes les mers, surtout celles de l'Inde. Mais alors pourquoi nous avoir envoyé sa bordée ? probablement parce que, beaucoup plus fort que nous, et nous considérant comme étant en sa puissance, il tenait à rendre un service à l'Angleterre son amie. Cela pouvait etre.

    D'un autre coté, nous nous demandions si ce n'était pas par hasard un vaisseau trompeur ? Mais non, cela n'est pas probabale, car alors, au lieu de faire parade du nombreux équipage qui encombre son pont, il l'aurait en ce cas dissimulé avec le plus grand soin.

    - " Ah !" nous dit Surcouf, qui partage lui-meme nos incertitudes, "je croyais ce John-Bull un East-Indiaman..." Voici à présent de nombreux officiers de l'armée de terre qui se montrent sur le pont, et rendent cette supposition invraisemblable..."Enfin, n'importe", reprend le Breton aprés un moment de silence en broyant, sans sans douter, son cigare entre ses dents, "qu'il soit ce qu'il voudra peu importe ! l'essentiel, pour le moment, c'est de nous en emparer ! Ainsi donc, hissons le pavillon français en l'assurant d'un coup de canon."
    Cet ordre, qui rend le combat inévitable, est exécuté.

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    Auteur: Louis Garneray "Compagnon de Surcouf"
     

    LIVRE-DE-COURSE.jpgSur le livre de bord de la confiance ci-dessus on peut lire qu'à l'origine la confiance était dotée de 24 canons et de 250 hommes.

    (1) La veille il avait échappé de peut à la frégate anglaise la sybille en jetant la plupart des ses canons à la mer. sur 18 canons il ne lui en restait que 6.
     

     

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  •  "Tout le monde sur le pont,"
      

    hèle Surcouf du haut des barres, ou il s'est élancé de nouveau, "toutes voiles dehors !"

    Puis aprés un silence de quelques secondes:

    - "Du café, du rhum, du bishop. Faites rafraichir l'équipage ! Branle-bas général de combat !" ajouta-t-il ! d'une voie éclatante.

    - "Branle-bas !" répète en choeur l'équipage avec un enthousiasme indescriptible.

    Au commandement de Surcouf, le bastingage s'encombre de sacs et de hamacs, destinés à amortir la mitraille; les coffres d'armes sont ouverts, les fanaux sourds éclairent de lugubres rayons les soutes aux poudres; les non-combattants, c'est à dire les interprètes, les médecins, les commissaires aux vivres, les domestiques etc... se préparent à descendre pour approvisionner le tillac de poudre et de boulets, et à recevoir les blessés; le chirurgien découvre, affreux cauchemar du marin, les instruments d'acier poli; les panneaux se ferment, les garde-feu, remplis de gargousses arrivent à leurs pieces; les écouvillons et les refouloirs se rangent aux pieds des servants, les bailles de combat s'emplissent d'eau, les boutefeux fument enfin, toutes les chiques sont renouvelées, chacun à son poste de combat.

    Ces préparatifs terminés, on déjeune. Les rafraichissements accordés par Surcouf font merveilles, c'est à qui placera un bon mot, la plus vive gaieté règne à bord; seulement cette gaieté a quelque chose de nerveux et de fébrile, on y sent l'excitation du combat !

    Cependant le vaisseau ennemi, du moins on a mille raisons pour le présumer tel, grandit à vue d'oeil et montre bientot sa carène. On connait alors sa force apparente, et la Confiance courant à contre-bord l'approche bravement sous un nuage de voiles.

    A dix heures, ses batteries sont parfaitement distinctes; elles forment deux ceintures de fer parallèles de trente huit canaons ! Vingt-six sont en batteries, douze sur son pont !...C'est à faire frémir les plus braves ! Une demi-lieue nous sépare à peine du vaisseau ennemi.


    Auteur: Louis Garneray "Compagnon de Surcouf"

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     Maquette de la Confiance la confiance

     

     

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  • surcouf

    Oh ! d'en bas ! navire en vue !

     
     Avant de vous conter l'histoire de la prise du KENT par Surcouf, j'ai longuement hésité entre faire une synthèse de plus, avec le risque de travestir une fois de plus la réalité, ou retranscrire mot pour mot le témoignage occulaire du peintre Louis de GARNERAY. Ayant lu tout et son contraire dans de nombreuses revues et articles je suis arrivée à la conclusion que seul ce témoignage intégrale retablira la vérité.

    7 octobre 1800,

    - Oh !  d'en bas !  oh !
    - "Hola !  répondit le contremaitre du gaillard d'avant en dirigeant tout de suite son regard vers les barres du petit perroquet".
    - Navire !  crie de nouveau la vigie.
    - Ou ?
    - Sous le vent à nous, par le bossoir de babord, quasi sous le soleil !
    - Ou gouverne-t-il ?...reprit le contremaitre.
    - Au nord !
    - Est-il gros ? Regarde bien avant de répondre.
    - Trés gros !
    - Eh bien, tant mieux ! dire les hommes d'équipage. Les parts de prise seront plus fortes.

    L'officier de quart, qui, l'oeil et l'oreille au guet, écoutait attentivement ce dialogue, se disposait à faire avertir notre capitaine alors retiré dans sa cabine, lorsque Surcouf, l'ennemi juré de toute formalité et de tout décorum, apparut sur le pont. Surcouf, qui voyait, savait et entendait tout ce qui se passait à bord de la Confiance, s'élança, sa lunette en bandouillère et sans entrer dans aucune explication, sur les barres du petit perroquet. Une fois rendu à son poste d'observation et bien en selle sur les traversins, il braqua sa longue vue sur l'horizon. L'attention de l'équipage, excité par la cupidité, se partagea entre la voile en vue et Surcouf.

    - Laissez arriver ! mettez le cap dessus ! s'écrie bientot ce dernier en passant sa longue vue à M. Drieux.

    Un charivari infernal suit cet ordre; la moitié de l'équipage, qui repose en ce moment dans l'entrepont, se réveille en sursaut, s'habille à la hate sans trop tenir compte de la décence, et envahit précipitamment les panneaux pour satisafire sa curiosité; en un clin d'oeil, le pont du navire se couvre de monde: on s'interroge, on se bouscule, on se presse en montant au gréement, chacun veut voir !

    Surcouf réunit alors son état-major autour de lui et nous interroge sur nos observations. Ce conseil improvisé ne sert pas à grand chose. Chacun, officier, maitre, matelot, donne tumultueusement son avis; mais cet avis est en tout point conforme à celui de notre commandant: cest-à-dire que le navire en vue est à dunette, qu'il est long, bien élevé sur l'eau, bien espacé de mature; en un mot, que c'est un vaisseau de guerre de la Compagnie des Indes
    , qui se rend de Londres au Bengale et qui, en ce moment, court babord amure et serre le vent pour nous accoster toutes voiles possibles. A présent, ce navire doit-il nous faire monter à l'apogée de la fortune, ou nous jeter, cadavres vivants, sur un affreux ponton ?  C'est là un secret que Dieu seul connait ! N'importe, on risquera la captivité pour acquérir de l'or ! L'or est une si belle chose, quant on sait, comme nous, le dépenser follement.

    A SUIVRE cliquez ici

    kent et confiance

    Auteur: Louis Garneray "Compagnon de Surcouf"

     

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  • Cette peinture qui représente l'abordage du" KENT" par le navire de Surcouf "LA CONFIANCE" a été réalisé en 1850 par le peintre de marine

    Louis GARNERAY  

    Saviez vous que ce peintre, se trouvait au coté de SURCOUF et a assisté en direct à l'abordage et fort probablement  participé à la prise du KENT.

    Cet exploit est relaté dans les memoires du peintre sera l'objet de mon prochain article.
    LE KENT trés gros navire anglais de 38 canons et 437 hommes (dont les compagnies d'infanterie du KENT et du QUEEN réunies).
    LA CONFIANCE petit navire français de 6 canons (18 canons en dotation, mais uniquement 6 canons le jours de l'attaque du KENT) et de 190 hommes.

    Cliquez sur l'image pour découvrir la vie Louis GARNERAY

    prise-du-kent.jpg
    En bas et à gauche sur le tableau on peut apercevoir le trois mats MORE qui à assister à la bataille en spectateur impuissant.


     

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  • Le mariage c'est comme une ville assiégée:

    - Ceux qui sont à l'exterieur veulent y rentrer;
    - Ceux qui sont dedans veulent en sortir.


     

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  • KARKSRUHE, 6 décembre 2009 vers 22h00.
    Un violent incendie se déclare au carrefour de la einbahnstrasse et du westring.
    L'EROS-CENTER est en flamme.
    Une compagnie de sapeurs pompiers lutte avec acharnement.
    Toutefois chez les hommes c'est la DEBANDADE et les femmes sont PANIQUEES.
     

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  • 5 décembre 1797 :
      Le
    général Bonaparte arrive à Paris, afin de prendre le commandement de l'armée qui doit débarquer en Angleterre.

    5 décembre 1808 :
      Napoléon entre en Espagne, conquiert Madrid après avoir vaincu les insurgés à Somosierra le 30 novembre.

    5 décembre 1812 :
     
    Napoléon quitte la Grande Armée, durant la retraite de Russie, pour regagner Paris.

     

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  • Les autrichiens envoyaient contre les ponts français des corps flottants, soit de grands bateaux vides, soit des brûlots, soit des machines infernales, les fameux "moulins".


    C'est "moulins" étaient constitués de bateaux chargés chacun de 1000 livres de poudres réparties dans 4 caisses munies
    d'un couvercle coulissant.

    Au centre du dispositif était un mat dont la base était de faible résistance et dont les mouvements étaient transmis aux couvercles des caisses par des cordages, soit directement, soit par l'intermédiaire de poulies.

    On avait disposait sur les couvercles des mèches d'amadou allumées au moment du lancement de l'engin dans le courant.

    En atteignant le pont le mat butant sur le tablier fléchissait et faisait coulisser les couvercles. Les mèches allumées tombaient sur la poudre et provoquaient l'explosion.

    Les pontonniers et les marins de la garde français de garde en amont des ponts, installés dans des nacelles, munis de grappins et de cordages arrêtaient tous ces engins et les conduisaient à la rive, car les autrichiens les lançaient les uns après les autres.

    C'est bien grâce à ce gigantesque travail de sapeur que l'Archiduc  Charles fut étonné, le 5 à l'aube, d'avoir tiré toute la nuit sur une île quasiment déserte et de retrouver les français au petit matin, prêt à l'attaquer derrière ses lignes de fortification.


     

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  • LES TROIS PONTS DU GRAND BRAS

    Voici ce qu'écrivit Napoléon au sujet des ponts du grand bras dans le 24è bulletin de l'Armée d'Allemagne le 3 juillet 1809.

    « Il n'existe plus de Danube pour l'armée française. Le général comte Bertrand a fait exécuter des travaux qui excitent l'étonnement et inspirent l'admiration. Sur une longuer de 400 toises et sur le fleuve le plus rapide du monde, il a, en quinze jours, construit un pont formé de 60 arches ou trois voitures peuvent passer de front. Un second pont a été construit, mais pour l'infanterie seulement, de la largeur de 8 pieds. Après ces deux ponts vien un pont de bateaux. Nous pouvons donc passer le Danube en trois colonnes. Ces trois ponts sont assurés contre toute insulte, meme contre l'effet des brulots et machines incendiaires par des estacades sur pilotis construites entre les iles et dont les plus éloignés sont à 250 toises des ponts .

    Quant on voit ces immenses travaux, on croit qu'on a emplyé plusieurs années à les exécuter. Ils sont cependant l'ouvrage de quinze à vingt jours».


    LA DIVERSION
    D'importants ouvrages construits en amont d'ASPEN laissèrent penser à l'Archiduc Charles que l'attaque devait se produire en ce point. Tout en effet portait à le croire au soir du 4 juillet ( la veille de la bataille )

    FRANCHISSEMENT DE NUIT
    Le coup décisif fut porté dans la nuit du 4 au 5 juillet.

    Napoléon voulait pouvoir jeter en quelques minutes plusieurs milliers d'hommes sur la rive ennemie et cinquante mille en deux heures, c'était là son intention première. La seconde était d'avoir assez de communications disponibles pour pouvoir mener sa bataille comme s'il était sur un terrain ordinaire.

    Pour obtenir cet effet, en plus des pont les sapeurs avaient construit des bacs pouvant contenir 300 hommes. Ces bac étaient munis d'un mantelet mobile qui protégeait les hommes pendat la traversée et se rabattait à l'arrivée, faiant rampe de débarquement.

    Pour parvenir à l'établissement d'un franchissement continu en quelques instants, l'empereur fit préparer un pont de bateau d'une seule pièce qui devait etre lancé par conversion.

    Pour dissimuler à l'ennemi la préparation de ce pont qui faisait 161 mètres, l'assemblage se fit derrière l'ile Alexandre dans le bras du fleuve à l'abri des vues; mais comme pour sortir il y avait un coude et que le bras était étroit, le pont fut articulé en trois endroits de telle façon qu'une fois dans le Danube il suffisait de réaliser quelques travaux élémentaires pour le rendre rigide. L'attaque fut fixé pour la nuit du 4 au 5 juillet.

    21h30, il pleut averse, l'obscurité est presque totale. Les bacs remplis de fantassins rejoignent la rive ennemie, dans le plus grand silence. Soudain le grondement de 109 canons brise le silence. Les feux de l'enfer s'abattent sur ENZERSDORF. Au meme moment le pont d'une seul pièce quitte l'ile Alexandre et descend de 100 toises. L'extrémité de départ est solidement arrimé à la rive. Les trois articulations sont bloquées. Le platelage est mis en place. Des tirs ennemi s'battent sur les sapeurs. Des pontonniers, à bord d'une nacelle rejoignent le milieu du fleuve pour mouiller une ancre qui servira à la conversion. L'extrémité du pont est engagé dans le fleuve, la force du courant l'entraine. Le pont effectut sa conversion. Des ancres sont mouillées pour retenir le pont. Cette manoeuvre hardie n'a pas pris plus de 15 mn. Certains témoins disent 5 mn. Les troupes traversent et occupe la rive gauche.



    AMELIORATION DES COMMUNICATIONS
    Au cours de la nuit les sapeurs construisent un pont de radeaux et un pont de bateaux.
    Vers 07h00 du matin l'empereur ordonne la construction  de trois autres ponts
    Le soir du 5 juillet l'armée était reliée à l'ile LOBAU par 9 ponts.
    Le DANUBE n'existait plus.

    LA BATAILLE
    Les autrichiens attendaient les français sur une ligne de fortification entre ASPERN et ESSLING. ceux-ci franchissent le Danube non par l'ouest de l'île, mais par l'est et prennent les autrichiens à revers.

     

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  • CONSTRUCTION DES PONTS


    « Grace aux pièces de bois qui existaient à VIENNE en très grande quantité et aux nombreuses
    sonnettes utilisées dans cette région pour réaliser des travaux de rivière, les sapeurs du génie réalisèrent à 20 toises (39 mètres) en amont du pont de bateaux, un pont de 60 palées
     conçu pour rester au-dessus des plus hautes eaux. Pendant ce temps, les pontonniers qui avaient trouvé des ancres de forte qualité rétablissaient de façon plus solide le pont de bateaux. Les débouchés de ces ponts dans l'ile furent protégés par des travaux de défense. »

    « Nous connaissons de façon très précise la constitution du pont sur pilotis avec ses
    travées de 7 à 15 mètres. La largeur du tablier était de 4m20. Il avait 3m70 entre les guindages
    et deux voitures pouvaient se croiser. On trouvait même avec un garde-fou, des perches de 1m80 de hauteur espacées de 20 mètres les unes des autres et ou étaient accrochées des lanternes pendant la nuit.»

    « Sur le bras du milieu ou le courant était le plus fort, à 40 mètres en amont du pont de pilotis, fut construit un autre pont de pilotis d'environ 400 mètres de longueur qui n'avait que 1,65 m entre guindages sur des palées de 3 pilotis seulement et réservé exclusivement au passage de l'infanterie.»

    « Pour protéger les ponts contre tous ce qu'apportait le courant aussi bien les arbres arrachés que les machines infernale lancées par l'ennemi, on construisit une
    estacades
    sur pilotis, en oblique par rapport au sens du courant, s'appuyant sur une île intermédiaire.»


    « Pour compléter encore les mesures de sécurités, des marins de la garde circulant sans cesse sur des barques, détournaient et agrippaient les corps flottants, puis les ramenaient à la rive.»

    Tout ces travaux furent terminé
    en moins de 20 jours.

    Référence: Capitaine de pontonniers DRIEU. 1810



    LEXIQUE:
    Palée: Rang de pieux enfoncés avec une sonnette pour soutenir un ouvrage.
    Tablier: Partie d'un pont qui porte la chaussée.
    Guindage: Protection sur les cotés de la voie de circulation du pont.
    Estacade: Jetée à claire-voie formée de pieux pour protéger des travaux.
    Sonnette: Charpente en forme de pyramide pour le guidage du mouton (marteau trés lourd), dans le battage de pieux.

    ( a suivre )



     

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  • Mai 1809, avant la bataille d'ESSLING.
    Sans prévenir le DANUBE entre en crue et emporte une partie des ponts de bateaux hativement construit par les sapeurs. Les autrichiens n'étant en reste lancent des corps dérivants contre les ouvrages.
    L'armée française dans l'ile de LOBAU, manque de munitions, est coupée de ses arrières et ne peut meme pas battre en retraite, adossée qu'elle est  au grand bras du fleuve.

    L'ILE LOBAU

    L'empereur ne supporte pas l'échec de la bataille d'ESSLING  qui laisse presque intact les forces autrichiennes.
    Le corps de MASSENA reste donc sur l'ile LOBAU et les 40 jours qui séparent la bataille d'ESSLING de celle de WAGRAM sont mis à profit pour réaliser un travail considérable.

    Juin 1809, le DANUBE est toujours en crue, coule à la vitesse de 2 m/s (c'est un courant trés rapide). Les amplitudes font varier la profondeur de 6 à 9 mètres.
    Décidé à en finir, l'empereur décide la construction sur "le grand bras", non plus d'un pont de bateaux, trop aléatoire, mais d'un pont de pilots, opération délicate qu'il confit au général BERTRAND commandant du génie.

    L'ile LOBAU est parsemée de nombreux bras plus ou moins larges, secs en temps normal mais qui peuvent, lors des crues constituer des obstacles sérieux. Des voies de communication sont construites à l'intérieur de l'ile. Soit 15 ponts et diverses routes dont certaines sont éclairées la nuit par des lanternes fixées au bout de longues perches.

    Ayant subit de lourdes pertes pendant la bataille d'ESSLING l'archiduc CHARLES n'entreprent aucune action contre ces importants travaux.

    Parallèlement à ces travaux, les ponts du "grands bras" étaient en construction.

    ( à suivre )

    REFERENCE:
    "wagram, victoire des sapeurs" Colonel A.Rogerie.
    "La grande armée" Georges BLOND

     

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  •                                 LA TRAVERSEE


    Une compagnie de sapeurs en armes fut placée à l'entrée du pont pour contenir les arrivants et une autre à la sortie pour accélérer l'évacuation et dégager le débouché. Grace à une consigne très sévère appliquée avec une rigueur infléxible, on put maintenir l'ordre et éviter l'encombrement. L'infanterie, la cavalerie et quelques pièces de campagne, passèrent sur le pont "de droite" sans qu'aucun inccident vint nécessiter une réparartion. Les voitures passèrent sur le pont  "de gauche" ou plusieurs accidents éxigèrent de nouveaux efforts des pontonniers déjà épuisés par la construction de ce pont.


    L'armée était sauvée par l'admirable dévouement de quelques centaines de braves gens, véritables martyrs de l'abnégation et de la solidarité.

    La plupart de ces héros obscurs périrent de froid la nuit suivante. Mais si leurs noms ne sont pas parvenus jusqu'à nous, leur souvenir vivra éternellement et ils ont acquis une gloire immortelle aux trois corps qui se sacrifièrent dans cet oeuvre de dévouement: sapeurs, pontonniers et marins.


    Quant à leur chef,  le général EBLE, il ne fit pas exception: il mourut un mois plus tard à Konisberg, des suites d'une maladie contractée pendant ces journées. Il s'éteignit le 30 décembre 1812. Le 2 janvier arrivait à l'armée l'ordre de l'empereur le nommant à l'emploi de premier inspecteur de l'artillerie et le faisant comte d'empire. Napoléon ignorait sa mort.

    On entend souvent employer le mot "berezina" comme synonyme de désastre. Il n'est pas la de plus grande erreur. Que la campagne de de Russie ait été un désastre pour la Grande Armée, le fait est indiscutable; mais le passage de la berezina est le succés moral et matériel qui fit que ce désastre ne tourna pas à la catastrophe.

    Dans l'histoire il n'y a pas d' exemple plus éclatant d'un passage de vive force exécuté en retraite, dans de très mauvaises conditions, en dépit des efforts d'un ennemi puissant et acharné à l'empécher.



     

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  •             
                   LE CAPITAINE PAULIN

                                                     LE SACRIFICE DES SAPEURS
     

    L'empereur était arrivé dès le début de l'opération avec le général Berthier.  Il se chauffait devant une maison enflammée, les mains derrière le dos, trés calme, les pieds dans la boue. Il y resta tout le temps que dura le travail du pont, regardant mais ne faisant aucune observation. Le pont était au trois-quarts terminé, lorsque l'empereur fut ému enfin du spectacle qu'il avait sous les yeux. Des soldats qui sortant de l'eau glacée, venaient se réchauffer devant la maison enflammée. Ils recevaient un peu d'eau de vie, quelques temps aprés saignaient du nez et tombaient raides morts à ses pieds. Ces braves étaient immédiatement remplacés par d'autres héros qui malgré la mort de leurs camarades et une mort certaine pour eux, se présentaient non par ordre, mais volontairement, tant était sublime le dévouement de ces hommes. Napoléon désirant vivement voir finir cette scène navrante et pressé de voir sa fidèle armée en sureté, envoya le major-général prince Berthier sur le chantier pour en connaitre l'avancement en lui prescrivant de lui conduire l'officier qui le dirigeait.

    Cet officier était le capitaine PAULIN, un capitaine du génie trouvé sous la main avec l'avant garde. Aprés le salut militaire, l'empereur le regarda fixement en face, lui demanda tranquillement et avec simplicité si le pont serait bientot en état de livrer le passage à l'armée. L'officier répondit qu'on ne perdait pas un instant parce que chacun sentait que de ce travail dépendait le sort de l'armée toute entière.

    Berthier prit la parole pour dire qu'il pensait qu'on n'employé pas assez de  travailleurs. Le capitaine répondit que le pont étant étroit, vu les les petites dimensions des bois qu'on avait mis à sa disposition, les ouvriers présents étaient déjà génés; que si l'on augmentait le nombre, l'encombrement et la confusion augmenterait encore et que la besogne irait moins vite. Napoléon écoutait tranquillement, les yeux toujours fixés sur le capitaine, et pour toute réponse, fit un signe de la tete approbatif. Il ordonna à cet officier de retourner à son poste, de presser la besogne et de prévenir le Maréchal Oudinot aussitot que le passage pourrait etre ouvert. Une heure après le pont était pret.

    ( A suive, cliquez ici)

    REFERENCE:
    Mémoire du colonel PAULIN - 1863.

     

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  •     
            LES PONTONNIERS D'EBLE
                            HEROS DE LA BEREZINA
                                                    26-29 novembre 1812


    BEREZINA est synonyme de de pagaille et de défaite, pourtant grace:
    - à une manoeuvre intelligente de NAPOLEON;
    - l'abnégation des sapeurs d'EBLE;
    - au courage des troupes encore constituées.
    Le passage de la BEREZINA fut une victoire tactique, qui a évité une véritable déroute.

    Cet article est consacré uniquement aux PONTONNIERS.
    je fais abstraction de la tactique et des combats qui se sont déroulés,de nombreux articles circulent sur le web à ces sujets.

    Mise en place d'un chevalet

    LES PONTONIERS

    Deux ponts de chevalets furent construit, celui de "gauche" destiné aux voitures, par 400 pontonniers du général EBLE, et celui de "droite" destiné à l'infanterie et à la cavalerie par trois compagnies de sapeurs du génie du 2° corps, soit 450 hommes. Le général d'artillerie AUBRY et le général du génie CHASSELOUP-LAUBAT étaient chargés ensemble de la direction de ce dernier travail.

    La largeur de la rivière était de 50 toises (95m) et sa profondeur de 1m60; le fond etait sablonneux et vaseux, les abords détempés par la pluie et le dégel, en sorte qu'il fallut former avec les fascines un chemin praticable pour arriver jusqu'à l'emplacement du premier chevalet. Pour la construction des chevalets on ne disposait que de matériaux provenant de la démolition de quelques granges et cabanes de paysans. Quarante chevalet furent employés à la construction du pont du génie.

    Un sondage prélable avait permis de leur donner les dimensions convenables, ce qui contribua à la solidité de cet ouvrage.

    Mise en place du tablier

    « Ce furent les sapeurs de la 3° division (Merle) aidés par les les militaires de toutes les armes parmi lesquels des artilleurs et les marins de la garde qui, plus habitués à plonger, posaient les semelles en s'immergeant; tous cependant, sans exception concouraient à cette oeuvre de dévouement. Les sapeurs étaient spécialement chargés de palcer les chevalets à mesure qu'ils arrivaient du chantier de confection. Pour ne pas déranger les sapeurs, des détachements d'infanterie allaient chercher et transportaient les fascines, les chevalets, les rondins pour former le tablier du pont, car on n'avait pas assez de planches. Tous les madriers qu'on avait pu trouver étaient employés à former les semelles à placer sous les pieds des chevalets, sans quoi vu la nature vaseuse du fond, on aurait été dans l'impossibilité de conserver au tablier une position horyzontale. On put donner au tablier du pont la largeur nécessaire à la voie d'une pièce d'artillerie ou dun caisson. Les pieces de brelage pour maintenir les rondins formant  le tablier furent assujestis aux tetes des chevalets au moyen de cordes à trais de voiture qui étaient disponibles et de cordes en écorce de bouleau trouvées sur les lieux.»

    ( à suivre, cliquez ici )

    LEXIQUE:
    CHEVALET: Grand trétaux en charpente.
    TABLIER: Plancher d'un pont qui permet la circulation de véhicules ou piétons.
    BRELAGE: Noeud qui permet d'assembler deux poteaux. http://www.lesnoeuds.com/noeud-65.html
    SEMELLE: fondation qui transmet et répartit les charges sur le fond afin d'eviter que les chevalets ne s'enfoncent dans la vase.
    FASCINE: Tapis ou fagots confectionnés avec des petits branches tréssées entre elles.http://www.l-esprit-du-saule.com/fascine.htm
    CAISSON: Charettes qui transportaient les munitions, les outils etc...
    TRAITS DE VOITURE: Sangles qui servaient à l'arnachement des chevaux de traits

    REFERENCES:
    http://www.histoire-empire.org/1812/berezina/berezina_02.htm
    revue historique des armées
    revue du genie militaire
    Le génie (ouvrage non publié du col J.Roche)


     

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  • En 2007, le pilote finlandais Raikkonen remporta le titre de champion du monde pour un petit point d'avance, devant ses deux rivaux Hamilton et Alonso.
    L'année suivante, le meme Hamilton décrocha le titre avec le meme tout petit écart devant le brésilien Massa.
    Mais le plus petit écart de l'histoire date de 1984: cette année-là Alain Prost s'inclina devant Niki Lauda pour un demi-point.




    Quant à Fangio savez vous qu'il ne passa le permis de conduire qu'en 1961, aprés avoir remporté cinq titres de chamion du monde
    .

     

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  • LES ORIGINES DU GENIE MILITAIRE

    De tous temps ont éxisté des ingénieurs, mais pendant des siècles, ils ne furent queconstructeurs, artistes, achitectes. Plus qu'à des impératifs militaires, ils étaient soumis aux règles de leur art, à l'habitude et à la tradition.

    Pour les opérations de siège, on utilisait des machines de guerre:
         - machine de jet: catapultes, balistes,...
         - machines de brèches: tours, bélier,...
         - machines diverses: de franchissement par exemple.

    Les constructeurs de ces machines, qui étaient également les utilisateurs étaient les "engineors" ou
    "engigneurs"

    Plus tard à l'apparition de la poudre, ils sont chargés des bouches à feu qui utilisent d'abord des boulets de pierre, puis de fonte.

    Dés lors il devint nécessaire de disposer avec art les murailles suivant un tracé bastionné; cette tache fut convié à des officiers instruits en marhématiques et dans l'art de la construction. Ils se spécialisèrent dans la défense et l'attaque des places fortes. Ces ingénieurs servaient dans l'infanterie ou la cavalerie et s'instruisaient eux memes. Certains acquirent talent et considération, en particulier le plus célèbre d'entre eux Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707).


    Une véritable organisation sera mise en place sous le règne de Louis XIV
     (à suivre)

     

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  • MAYOTTE

    Ile tropicale d'origine volcanique Mayotte a connu son émergence des fonds océaniques il y a environ 8 millions d'années. Cet âge lui a permis de s'isoler au sein d'un immense lagon délimité par une barrière de corail dont le tracé donne une idée des anciennes dimensions de l'île.

    La barrière récifale qui entour Mayotte a une distance variant de 3 à 15 km est interrompu par 12 passes profondes de 20 à 70 m.

    Le lagon atteint une profondeur maximale de 93 m au large de Bouénie et un système très rare de double barrière corallienne existe dans le sud. Ce système n'existe qu'au philippines et en nouvelle Calédonie.

    Géologiquement Mayotte est plus ancienne des quatre îles formant l'archipel des Comores, c'est pour cette raison qu'elle possède un relief adouci.

    l'altération des basaltes a donné les sols rouges des collines dominées par des reliefs plus vigoureux comme le massif du Mtsapéré (572m), le mont Combani ( 481m), le mont Choungui ( 594m) ou le mont Bénara (660m)

    la dernière phase volcanique du quaternaire a donné les cratères de Kawéni et de Kaveni prés de Madmouzou et le Dzani Dzaha cone volcanique formé par la mer sur l'île de Padmandzi ( cf. photo rubrique nature )

    L'île a un rivage très découpé, avec des baies profondes au fond desquelles se sont installées les mangroves à palétuvier et des pointes escarpées constituées de phonolites.
     

     

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  • LES DIRIGEANTS
    NOUS PRENNENT DES C...



     

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  • AFFICHER LA COULEUR



    Je suis tomber par hasard sur la définition "d'afficher la couleur" sur www.linternaute.com/.../afficher-la-couleur/

    définition:
    Cette expression date de 1930. Elle provient du jeu de bridge dans lequel les joueurs annoncent une des quatre couleurs qu’ils souhaitent poser comme atout. On dit alors d’une personne qui exprime clairement ses intentions qu’elle "annonce la couleur", tel qu’un joueur de carte pourrait le faire.

    Je consteste cette origine.

    A partir du XII° siècle les chevaliers masqués par le heaume commençaient à orner leur bouclier de figures colorées pour s'identifier. Par la suite elles deviendrons "les armoiries" qui figurent sur les écus.
    Lorsque le chevalier pénétrait dans le champ pour jouter, il devait pendre son écu aux lices pour s'identifier. On appellait cet acte " afficher la couleur"

    Toutefois je ne dispose pas de documents certifiés pour valider mon hypothèse. Si quelqu'un à des infos, je suis preneur.


     

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  • LA CHARGE DES POLONAIS

    30 novembre 1808, l'empereur marche sur MADRID. Toujours pressé, il a devancé l'avant-garde du 1° corps. Il n'a pour escorte que le régiment de chevaux-léger polonais de la garde. De jeunes soldats plein de fougue, mais inexpérimenté. Ce sont des jeunes gens des meilleurs familles et leurs chefs appartiennent à la vieille noblesse polonaise.

    Devant eux, se dresse la
    chaine de Guadarrama, dernière barrière avant la capitale espagnole. Pour la franchir, une seule route, celle qui passe par le col de Somosièra. Une position facile à interdire et présentement tenue par un corps d'armée de 13 000 homme, appuyé par 16 pièces d'artillerie.


    Napoléon, comme toujours s'impatiente. Une pluie glaciale s'abat sur ses troupes. L'humeur des hommes est maussade. Hors de question de rester bloqué. "faite moi quérir sur le champ le commandant de l'unité de service". Le chef d'escadron KOZIETULSKI se présente à l'empereur. L'ordre est simple mais difficile à exécuter.
    "Ouvrez le passage".

    200 lanciers polonais se précipitent sabre haut. "Naprzód psiekrwie, Cesarz patrzy" (En avant fils de chiens, l'Empereur vous regarde!). La fusillade espagnole est sans pitiè. Le galop se fait toujours entendre, mais il est faible. Ils ne sont plus que vingt.
    Une autre tentative se solde par le meme résultat. Le grondement de la charge et le cérpitement de la fusillade se confondent. Au retour c'est la consternation. Le régiment a perdu la moitié de son effectif et presque tous ses officiers. mais dans la garde on ne reste jamais sur un échec.  L'empereur convoque Louis pierre de Monbrun, 38 ans, né à florensac dans l'hérault. Un des meilleurs généraux de cavalerie. L'ordre est bref "
    Prenez le commandement des chevaux-leger polonais et ouvrez le route de MADRID".

    Cette fois les valeureux jeunes lanciers ne chargent plus comme des chiens fous, en escadrons serrés, mais échelonnés à une distance de trois  cents mètres les uns des autres. Si le premier escadron échoue, il aura le temps de se reformer sans entraver l'élan du suivant.
    Un retranchement se dresse devant les cavaliers. Plusieurs pièces crachent boulets et mitrailles sur les assaillants. Mais trop tot. Montbrun et ses polonais sont sur eux. Montbrun qui est un colosse, arrache l'un des madriers de la barricade obstruant le chemin et, suivi de ses chevaux-léger, sabre les artilleurs, poursuit les fantassins jusqu'au village de Buitego. La route est ouverte. Le gros de l'armée s'engage sur la route de Madrid.

    REMARQUES:
    Bien que la victoire de Somosierra fut plus précisément le résultat d'une attaque combinée d'infanterie et de cavalerie; l'infanterie supportant le plus gros du combat; les rapports ultérieurs, y compris ceux de Napoléon, mirent uniquement l'accent sur la charge polonaise.
     

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  • Il existe de nombreuses techniques de chasse-marine, qui varient en fonction des lieux et de la proie convoitée.

    Mais celle que je préfère c'est l'Agachon.


    Aucune autre technique ne procure des sensations aussi intenses. On se fond dans le milieu, un poisson parmi les poissons. C'est un défi, un duel ou l'homme est largement défavorisé sur le plan physiologique. Seule son intelligence de situation fait la différence. Il ne s'agit pas de poursuivre un poisson, mais d'user de milles ruses pour l'attirer à soi. L'Agachon peut s'apparenter avec l'affût pour le chasseur terrestre ou l'embuscade pour le militaire.

    PRIMO:
    Repérer un terrain favorable, un lieu de passage obligé qui sera choisi en fonction du type de poisson recherché.

    SECUNDO:
    Pénétrer sous la surface à plusieurs mètres du poste d'affût et le rejoindre en utilisant le relief pour une approche discrète.

    TERTIO
    :
    Se poster le plus discrètement possible et soit attendre le passage d'une proie éventuelle, soit attirer l'attention  en utilisant un artifice. Pour attirer un prédateur tel la Liche, j'agite la lame d'un poignard au soleil, pour attirer un Sar je remue le sable etc.

    QUARTO:
    Lorsqu'une proie approche, on ne dispose que de quelques dixièmes de seconde pour déclencher le tir à de moins de 2 m. Si l'on rate la cible, la partie de chasse est momentanément terminée car l'endroit sera désertique pour quelques temps.

    Cette technique exige souvent plusieurs dizaines d'apnées supérieures à la minute
    avant d'accrocher sa première prise.


    A L'ATTENTION DES AMES SENSIBLES:

    - Je ne prélève que les poissons necessaire pour le déjeuner.
    - La chasse sous-marine peut paraitre barbare, mais elle respecte le milieux écologique contrairement aux chaluts des pécheurs qui ravage les fonds sous-marins.
    - Je ne tire que les poissons adultes ayant atteint une certaine taille.

    - La capture de 2 ou 3 poissons exigent 3 à 4 heures d'efforts physiques.

     

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  • Un jour de farniente j'ai pris un taxi brousse direction Ngouja pour batifoler avec les tortues et surtout pour passer le temps.

    Au retour j'ai décidé de rejoindre Mzouazia à pied en longeant le rivage.

    C'est ainsi que je trouvé à mi chemin la Mtsanga Mboueanatsa (Mtsanga signifie la plage)
    Adossé au mont Ngoujou qui culmine à 298m sur la presqu'ile de Boueni, je m'attardai sur un tronc d'arbre laissé par la tempête. Ce jour la j'ai réalisé que les plus beaux paysages du monde sont ternes et insignifiants lorsque les êtres chers vous manquent...

     Mtsanga Kanoua
    parsemée de bloc de lave est située entre Mtsanga Mtiti et Mtsanga Foubouni.

    Déjà deux heures de marche sous un soleil de plomb, heureusement que le coca de la taverne de Mbouanatsa était frais (Pour info ou que vous alliez dans le monde et en Afrique en particulier vous trouverez toujours du coca, même dans les villages les plus reculés du centre de l'Afrique)

    Encore une petite demi-heure de marche et Mzouazia sera en vue.

    Pourvu que le taxi brousse soit au rendez-vous, j'en doute fort. Mais l'avenir me prouvera le contraire. Il sera la... pour me prendre ou par hasard, je ne le saurai jamais...

     

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  • Une ancienne coutume veut que la construction d'un Banga par un jeune adolescent  (entre 12 et 15 ans) marque son passage vers la vie d'adulte. Toutefois cette coutume tendrait à disparaître pour diverses raisons (manque de terrain, parents réticents.)

    Le Banga est une case de forme rectangulaire et ne comportant en générale qu'une seul pièce. Il est constitué par une ossature en bambous qui servira de support à un mur de torchis composé de boue et d'herbes. Le toit était à l'origine en feuille de palmier tressé, mais il est la plus par du temps remplacé par des tôles.

    Le Banga est surtout un lieu de rencontre pour les adolescents et les adolescentes.  Les jeunes garçons les considèrent surtout comme un piège à filles et certains prévoient des issus dérobées en cas d’arrivé de d’un papa à la recherche de sa fille.Certaines inscriptions décoratives sont sans équivoque. Aussi peut-on comprendre la réticence des parents
    .


     
     

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